LE FOOTBALL EST DANS LE PRE

Publié le par Lino Bacco

L’aventure africaine du MAS aurait certainement inspiré le regretté Costa-Gravas. Elle commence le 29 janvier à sèmè-Kraké*, lieu de brassage frontalier réputé surtout pour les braquages et attaques à main armées répétés en série. Elle se poursuit à Khartoum, quelques mois avant l’Indépendance du Darfour et la création du 54ème état africain. Puis à Ndola, paisible cité minière zambienne réputée par la taille de ses émeraudes, mais aussi incontournable ville-étape des Rodhesian Railways sur la route du Cap.  Elle croise les traces de Tintin en longeant le fleuve Congo jusqu’à Kinshasa, anciennement Léopoldville mais depuis Bakongos et Balubas semblent faire bon ménage. Dans un stade rebaptisé les Martyrs de la Pentecôte en hommage à Evariste Kimba opposant de Mobutu pendu en mai 1966. Elle conduit les Canaris en Akuré, capitale de l’Ondo State dans le sud-ouest nigérian, renommé pour ses instituts technologiques et son CHU. Elle continue son bonhomme de chemin dans la capitale algérienne parce que la JSK n’est pas en mesure de recevoir à Tizi Ouzou, fief du foot kabyle. L’Afrique lusophone ajoute un soupçon d’exotisme avec un crochet par San Paolo da Assunçao de Loando. Luanda qui a le bonheur de flotter sur une nappe de pétrole. La paix revenue, l’or noir pompé sur la terre ferme ou off-shore est irrémédiablement remplacé par des tours de cristal. Et, dulcis in fondo, le périple se termine en beauté dimanche dans la capitale spirituelle non sans voir touché Tunis la verte, celle par qui le printemps arabe arrive.

Et le foot dans tout ça? Dans une Afrique en pleine mutation et en pleine ébullition, le foot est dans le pré. Il forme et assemble la jeunesse. C’est aussi une formidable cerise sur le gâteau. En un peu moins d’une année, Coach Taoussi a forgé un ensemble à l’image des ambitions de toute une cité. Une élégante et invisible combinaison assure une parfaite isolation électrique et phonique du groupe des luttes intestines qui risquaient de tout faire capoter.

Le MAS, pour la première fois de son histoire est aux portes du Nirvana. Ce que n’ont pu réussir leurs aînés, une bande de copains solidaires, valeureux, déterminés et aguerris aux incertitudes d’une capricieuse sphère de cuir sont à quatre-vingt dix minutes de l’extase. Après eux le déluge.  

EDITO DE L'EQUIPE MAROC MAGAZINE N°6 DU 3 DECEMBRE 2011

* ville frontière entre Bénin et Nigéria (sans « s » majuscule)
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L
salut Lino
je t'ai informé sur ta page facebook que Costa-Gavras est toujours parmi nous ....
je l'ai encore vu à la télé cette semaine pour son film avec Gad ELMALEH de CASA
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