CHAKCHOUKA ET CUISINE MOLECULAIRE

Publié le par Lino Bacco

 

Le premier rendez-vous avec nos frères de ballon tunisiens remonte au 15 novembre 1959. La légende veut que tous les chemins mènent à Rome mais ce jour là le rêve olympien de notre Onze national s’envole. C’est le début d’une longue odyssée baignée de larmes de joie et de pleurs.

Un an plus tard, nous leur rendons la monnaie de leur pièce à Palerme. Le règlement  veut qu’en cas d’égalité à l’issue du match de barrage en terrain neutre les deux équipes soient départagées au tirage au sort. Cette disposition de la FIFA nous sied à merveille. Un peu comme ces costumes qui vont au premier essayage et n’ont pas besoin de retouches.
Sur la route de Mexico 70, elle nous emmène tour à tour à Las Palmas puis à Marseille, patrie de la (re) belote avec nos cousins.
Nous voilà de nouveau à table, serviette nouée autour du cou, fourchette et couteau au poing. Cette fois nous avons droit à un repas pantagruélique. Et la finale aller de Champions League n’est qu’une simple mise en bouche. La fondue De Castel n’ayant pris qu’une mi-temps, les entrées chaudes vont maintenant se succéder à intervalle régulier. De la brique façon Mâaloul que l’on souhaite friable à point à la Chakchouka manière Club Africain en passant par un délicat Khliâ, spécialité du Chef Taoussi.
En guise de trou normand, on reprendra du Botola 1. Juste ce qu’il faut pour attaquer le plat de résistance, le 23 janvier, en terre gabonaise. Devinez qui viendra dîner ce soir là. La famille Trabelsi au grand complet. Enfin, presque. Oh, pas de quoi effrayer Papa Gerets. Il nous prépare une recette de cuisine moléculaire où chaque ingrédient gardera sa saveur originale, qu’il vienne des polders ou des champs de lavandes, des bruyères anglaises ou des steppes russes.
Premières dégustations ce weekend avec une entrée ougandaise et une sortie camerounaise. On saura si nos Lions ont de l’appétit. Dans le cas contraire, le Docteur Hifti  prescrira des fortifiants. 

P.S. Sont gracieusement conviés au festin les amateurs de gazon bio ibérique. Y’a pas que les espagnols qui sont capables d’enfiler les Classicos à la queue-leu-leu. Nous les Maghrébins, nous n’avons rien à leur envier sur ce plan.

Lino Bacco (Edito L'Equipe Maroc Magazine n°3 du 12 novembre 2011)

 

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